
Dans cette bruyante fourmilière d'Oran, où que l'on aille, il est un lieu qui vous accompagne, et c'est la colline du Planteur et plus haut, Santa Cruz. Et alors même qu'on souffrirait de cette solitude qu'imposent les grandes villes, on se sent rattaché par cette colline à une amitié.

Le soleil fait surgir sur la montagne africaine une teinte fauve qui durera tout le jour. On aimerait caresser cette bête qui s'étire jusqu'à plonger ses pieds dans la mer.

Rien n'est plus beau, rien n'est plus significatif pour celui qui aime du même amour l'Afrique et la Méditerranée que de contempler leur union du haut de Santa Cruz. Il existe de plus grands dépouillements, des solitudes plus secrètes, des espaces plus vastes dans le Sud, - mais il faut alors s'arracher à la mer, quitter ce symbole du possible, rester seul en face du réel...
Jean Grenier
"Santa Cruz"
Inspirations méditerranéennes
Gallimard, "L'imaginaire"
Photographies : oniromancies, décembre 2011
2 commentaires:
Ce que j'aime lire Jean grenier !
Pearl
Je viens de le lire en entier, enfin ! Beaucoup aimé...
Pearl
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