Aveugle quand il juge et faible en son vouloir,
Sous le poids du malheur, l'homme n'a que des joies
Plutôt tristes, si éphémère est leur éclat !
Le souvenir l'accable et le trahit l'espoir.
De notre sort mortel il pourrait peindre en noir
Les jours, celui qui n'aurait le magique don
D'élever notre esprit plus haut que la raison
Et nimber cette vie assombrie d'une gloire.
L'imagination est ce pouvoir sacré,
L'imagination altière et raffinée,
A elle de cueillir l'amaranthine fleur
De la foi, et nouer au front de la douleur
La palme qui résiste aux maux qui pleuvent dru
Et au vent du chagrin ne se rétracte plus.
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Weak is the Will of Man, his judgment blind ;
Remembrance persecutes, and Hope betrays ;
Heavy is woe ; - and joy, for human-kind,
A mournful thing, so transient is the blaze !
Thus might he paint our lot of mortal days
Who wants the glorious faculty assigned
To elevate the more-than-reasoning Mind,
And colour life's dark cloud with orient rays.
Imagination is that sacred power,
Imagination lofty abd refined :
'Tis hers to pluck the amaranthine flower
Of Faith, and round the sufferer's temples bind
Wreaths that endure affliction's heaviest shower,
And do not shrink from sorrow's keenest wind.
William Wordsworth
Poème, sonnet traduit par François-René Daillie
Poésie/Gallimard
Instruction, enseignement et connaissance
Il y a 1 jour
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